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Grand Siège de Malte (44 événements)
Grand Siège de Malte

(44 événements)

Janvier
 
L'ambassadeur français à Constantinople rapporte cependant à Catherine de Médicis les rumeurs qui destinent la flotte ottomane à une attaque de Malte.
Mai
18/05
Les galères turques arrivent en vue de l'île dont ils commencent à repérer les côtes. Début du Grand Siège de Malte (→ 11/09).
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Face à l'arrivée de la flotte ottomane, Valette envoie immédiatement un message d'alerte annonçant le début du siège et demande son aide au vice-roi de Sicile.
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Après avoir fait le tour de l'île par le Sud, le gros de la flotte ottomane s'ancre dans la Għajn Tuffieħa à l'ouest.
19/05
Les Généraux Mustapha Pacha et Uluc Pasa font débarquer à Marsaxlokk un contingent de 40k soldats ottomans.
21/05
Les Ottomans lancent un premier assaut contre le bastion tenu par les chevaliers de la langue de Castille, dit « bastion de Castille », point désigné comme le plus faible des fortifications par les prisonniers chrétiens capturés lors des premiers jours, assaut qui se solde par un échec.
22/05
Le conseil de guerre turc se réunit pour décider de la stratégie à adopter, bien que Dragut ne soit pas encore arrivé. Deux positions s'affrontent. D'un côté, Mustafa Pacha, général des armées à terre, souhaite se rendre d'abord maître de l'ensemble de l'île et de Gozo et établir un blocus complet de Malte pour empêcher l'arrivée de tout renfort. De l'autre côté, Piyali, amiral de la flotte, souhaite d'abord fournir un abri sûr à ses navires, exposés aux vents dans la baie de Marsaxlokk. Il préconise de prendre en premier lieu le fort Saint-Elme qui commande à la fois l'entrée de la baie de Marsa et de la rade de Marsamxett, où les galères pourront s'abriter. La prise de Saint-Elme permettrait également de lancer des assauts sur Birgu depuis la mer[B 5]. Devant l'insistance de Piyali, le second parti l'emporte. Mustafa Pacha ordonne alors le transport de l'artillerie depuis la baie de Marsaxlokk sur les hauteurs de la colline de Xiberras pour bombarder le fort.
24/05
L'artillerie ottomane est en place et le siège de Saint-Elme commence.
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Jean de Valette reçoit une réponse du vice-roi de Sicile qui lui demande du temps pour rassembler une armée de secours et refuse de lui envoyer des renforts de faible importance. Alors que les remparts se dégradent sous l'effet du bombardement continu des Ottomans, la garnison du fort est encore renforcée et les assiégés tentent quelques sorties pour freiner l'avancée des fantassins turcs.
Juin
03/06
Les janissaires s'emparent par surprise du ravelin qui défend l'entrée de St-Elme et manquent de justesse de pénétrer dans le fort, arrêtés au dernier moment par l'abaissement de la herse.
07/06
Les janissaires tentent un nouvel assaut des murailles du fort St-Elme.
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À la suite de l'assaut des janissaires, devant l'état de délabrement du fort soumis à un feu incessant et l'épuisement de ses défenseurs, les commandants du fort envoient une ambassade au grand maître pour demander à l'évacuer et à le faire sauter. Valette refuse et leur demande de tenir encore, dans l'espoir d'une arrivée rapide des renforts venus de Sicile.
08/06
Les assauts turcs se poursuivent et le désespoir de certains défenseurs est tel qu'une partie signe une pétition pour demander au grand maître une évacuation immédiate. Ce dernier, furieux, envoie trois commissaires chargés d'évaluer l'état du fort.
10/06
2 galères de l'Ordre, amenant de Syracuse des renforts, tentent de gagner Birgu. Elles en sont empêchées par le blocus de la flotte turque.
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La cavalerie du maréchal Copier ayant détruit la batterie de la pointe Sottile, Dragut décide de la rétablir et de la renforcer pour empêcher définitivement les communications entre Birgu et Saint-Elme. Il envoie un important corps de troupe pour s'y installer pendant qu'une nouvelle canonnade pilonne le fort.
11/06
Convaincu de l'épuisement des défenseurs de Saint-Elme et excédé par la résistance du fort qui tient toujours depuis le début du siège, Mustafa décide de lancer dans la nuit un nouvel assaut qu'il espère final, mené par Aga, le chef des janissaires. À l'aube, l'assaut est finalement repoussé et les assaillants se replient[.
15/06
Le Général ottoman Mustapha propose aux assiégés de se rendre en échange de la vie sauve, proposition refusée par les défenseurs du fort.
16/06
Les galères ottomanes se joignent au pilonnage du fort St-Elme, ajoutant aux batteries de terre, le feu des leurs canons, disposés depuis la mer.
17/06
Les officiers turcs tiennent un nouveau conseil de guerre. Ils décident de prendre de nouvelles mesures pour neutraliser la batterie sud de Saint-Elme, qui cause de nombreuses pertes parmi leurs troupes à chaque assaut, et pour empêcher définitivement le passage de renforts de nuit vers Saint-Elme. Pour cela, une nouvelle batterie d'artillerie est élevée sur la péninsule de Kalkara, face à Saint-Elme, et une muraille de pierre et de terre est élevée face au château Saint-Ange, pour mettre à l'abri les arquebusiers turcs qui peuvent alors tirer sur les chaloupes de transport de troupes.
18/06
Dragut est mortellement atteint par un éclat d'obus.
21/06
Les janissaires, appuyés par la batterie située à l'extrémité de la pointe de Tigné, parviennent à s'emparer du cavalier du fort et peuvent maintenant maintenir l'arrière du fort sous le feu de leurs arquebusiers.
22/06
Nouvel assaut, meurtrier pour les deux parties, sans que les Ottomans ne parviennent à investir le fort. Le grand-maître tente de faire parvenir des renforts à Saint-Elme, sans succès. Le cavalier aux mains des Ottomans, leurs galères peuvent enfin franchir l'entrée de la rade de Marsamxett, objectif initial pour la prise du fort Saint-Elme.
23/06
A la veille de la Saint-Jean, fête patronale de l'Ordre, l'armée turque lance un dernier assaut sur le fort. Les défenseurs ne sont plus qu'une poignée qui résiste encore quelques heures avant de voir le fort investi par les troupes ottomanes.
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Un chevalier de la langue d'Italie allume sur la muraille le signal indiquant la fin du fort. Du côté des assiégés, plus de 1 500 hommes dont environ 120 chevaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem sont morts pour sa défense. Ce fort, que les ingénieurs militaires turcs avaient annoncé pouvoir prendre en quelques jours de siège a tenu près de cinq semaines et coûté plus de 8 000 hommes et 18 000 salves de canons à une des armées les plus aguerries de son époque. Mustafa, à la tête de son état-major peut enfin pénétrer dans le fort Saint-Elme.
30/06
Le Général ottoman Mustapha propose au Grand maître La Valette une reddition, avec la vie sauve et le passage vers la Sicile en échange de l'abandon de Malte. Son offre est refusée.
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Mustafa ordonne alors de transporter, par la terre, des galères de la rade de Marsamxett à celle de Il-Marsa, évitant ainsi les canons du château Saint-Ange. Cette manœuvre lui permet d'attaquer Senglea à la fois par la mer et par la terre en concentrant ses attaques sur le fort Saint-Michel, supposé le plus faible après Saint-Elme. Une fois Senglea tombée, les forces ottomanes pourraient alors attaquer Birgu et fort Saint-Ange sur tous les fronts. Mis au courant de ces intentions par un officier déserteur de l'armée turque, Valette répond en faisant construire un barrage côtier à l'aide de pieux enfoncés dans la mer, reliés par une chaîne de fer, et édifier un ponton entre Birgu et Senglea pour faciliter la communication entre les deux positions.
Juillet
05/07
Les canons de l'armée ottomane ouvrent le feu sur l'ensemble des positions chrétiennes, qu'ils encerclent de toutes parts. Au même moment, afin de préparer l'attaque des galères par la mer, les meilleurs nageurs de l'armée turque sont envoyés avec des haches pour tenter de briser le barrage construit par les défenseurs le long des côtes de Senglea. Ils sont repoussés par des Maltais armés de couteaux qui combattent dans l'eau.
06/07
Les Turcs tentent à nouveau de détruire la palissade à l'aide de cabestans et de câbles manœuvrés depuis la rive qu'ils contrôlent ; mais cette tentative échoue.
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Hassan Pacha, le beylerbey d'Alger, arrive en renfort de l'armée ottomane avec environ 2 500 à 5 000 de ses hommes et 28 navires. Les nouveaux arrivants raillent l'armée turque pour être restée si longtemps en échec devant Saint-Elme. Mustafa leur permet de mener l'assaut suivant, prévu pour le 15 juillet, qui vise à enlever Senglea.
15/07
Double attaque ottomane : par la terre contre Saint-Michel et par la mer, grâce aux galères amenées depuis la rade de Marsamxett, contre la côte sud de Senglea. Hassan conduit les forces terrestres tandis que son lieutenant, Candelissa, mène l'assaut maritime. Du côté de Saint-Michel, l'attaque se heurte à la résistance des hommes du chevalier de Robles, le chef du piccolo soccorso. Pendant ce temps, du côté de la mer, les assaillants ont réussi à prendre pied sur le rivage. L'explosion subite d'un magasin de poudre situé près du bastion de la pointe de Senglea met à bas une partie des remparts et ouvre une brèche à l'attaque ottomane. Proches d'investir la place, les Turcs sont finalement repoussés grâce à l'arrivée de renforts accourus depuis Birgu par le ponton établi précédemment.
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Surveillant l'attaque, Mustafa décide alors d'ouvrir un troisième front en effectuant un nouveau débarquement sur la pointe de Senglea, côté nord, pour prendre à revers les défenseurs. À cet effet, un corps de 1 000 janissaires est préparé sur dix barques, prêt à intervenir. Les embarcations sont cependant anéanties avant d'avoir pu débarquer par une batterie dissimulée à fleur d'eau sous le château Saint-Ange. Un seul des dix navires parvient à regagner la côte, les neuf autres sombrent dans la baie de Marsa.
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Hassan, constatant l'étendue de ses pertes, près de 3 000 hommes, se résigne à sonner la retraite.
Août
02/08
La canonnade redouble d'intensité, elle est entendue jusqu'en Sicile à Syracuse et à Catane, prélude à un assaut turc ce même jour sur une brèche ouverte dans le fort Saint-Michel. Après cinq attaques repoussées en six heures, les Ottomans abandonnent les combats en début d'après-midi pour reprendre leur bombardement.
07/08
Mustafa décide d'un nouvel assaut général, combiné sur Birgu et Senglea. Pendant que Piyali, à la tête de 3 000 hommes mène l'attaque sur Birgu et le bastion de Castille, Mustafa lui-même conduit 8 000 hommes contre Senglea et le fort Saint-Michel[A 35]. L'assaut sur Birgu est repoussé avec peine par les défenseurs. À l'inverse, les troupes de Mustafa parviennent, à travers plusieurs brèches ouvertes dans Saint-Michel, à investir ce bastion et menacent directement Senglea. Les combats se poursuivent avec acharnement, la population civile participant également aux combats de défense de la cité, et les assaillants sont contenus avec peine. Attaquées chacune séparément, les deux presqu'îles ne peuvent se porter assistance. Mustafa lui-même mène l'assaut au milieu de ses troupes. Alors que la situation semble critique pour les défenseurs, la retraite est subitement ordonnée par Mustafa, averti de l'attaque du camp de Marsa par une force chrétienne. Craignant l'arrivée d'une armée de secours, Mustafa ramène toutes ses troupes pour défendre le camp, qu'il trouve dévasté mais sans traces d'aucune armée. De fait, le camp a subi l'attaque, à l'initiative de dom Mesquita, gouverneur de Mdina, du détachement de cavalerie réfugié dans la capitale de l'île. Les hommes de Mesquita, trouvant le camp peu défendu, y ont opéré un raid rapide, massacrant les blessés et les chevaux, incendiant les tentes et détruisant les provisions.
15/08
Don Garcia fait parvenir un message à Jean de Valette promettant son arrivée à la tête d'une armée de 12 000 hommes, accompagnée de 4 000 soldats venus d'Italie. Les renforts sont promis pour la fin du mois d'août. La Valette, lui, ne croit plus aux promesses du vice-roi de Sicile et se résout à ne compter que sur ses propres forces.
18/08
Mustafa fait avancer ses troupes sur Senglea et le fort Saint-Michel. Malgré l'intensité de l'assaut sur Senglea, Valette refuse de dégarnir les défenses de Birgu, où le travail de sape des Turcs est repéré, bien que son état d'avancement soit encore inconnu. Mustafa décide néanmoins de mettre son plan à exécution et ordonne la mise à feu de la mine située sous le rempart du bastion de Castille. Son explosion met à bas un pan de la muraille, brèche dans laquelle s'engouffrent les troupes de l'amiral Piyali. Face au désarroi de ses troupes, Valette prend alors lui-même les armes et décide de participer à la défense de Birgu. Après avoir battu en retraite, les Turcs reprennent l'assaut à la nuit tombée, sans parvenir à investir définitivement le bastion de Castille. L'assaut a néanmoins causé de lourdes pertes chez les défenseurs et les fortifications de Birgu sont sérieusement affaiblies.
19/08
Les Ottomans reprennent l'attaque pour s'emparer de Saint-Michel et du bastion de Castille. La tour de siège est également avancée. Une sortie pour la détruire se solde par un échec et la mort du neveu de Valette, qui conduit l'attaque. Les défenseurs parviennent finalement à la mettre à bas par le tir de deux boulets reliés par une chaîne qui sectionne une partie de la base de la tour. Pendant ce temps, Mustafa tente également d'utiliser une sorte de bombe remplie de clous et autres projectiles pour décimer les défenseurs mais ces derniers parviennent à rejeter la bombe de l'autre côté des remparts avant son explosion. Durant cette journée, alors qu'il participe toujours aux combats, Valette est blessé à la jambe par l'explosion d'une grenade.
20/08
Les combats continuent, tant contre Birgu que contre Senglea, sans que les forces ottomanes ne parviennent à forcer la décision.
23/08
Après un nouvel assaut subi dans la journée et devant l'état de délabrement des défenses, le Conseil de l'Ordre propose à Jean de Valette de se retirer dans le fort Saint-Ange, le seul qui soit encore intact. Valette ne cède pas. Saint-Ange étant trop petit pour abriter tous les défenseurs et les provisions nécessaires, le grand maître refuse d'abandonner les Maltais et Maltaises qui participent activement à la défense de l'île depuis le début du siège. Plus pragmatiquement, il est parfaitement conscient que sous le feu concentré d'un ennemi maître de Birgu et Senglea, Saint-Ange ne pourrait résister longtemps. Les assiégés, tant qu'ils parviennent à tenir Birgu et Senglea, obligent leurs assiégeants à disperser leurs forces, réduisant par là même l'efficacité de leurs bombardements et de leurs attaques.
25/08
Le vice-roi prend la tête de l'armée de secours, dont les effectifs se montent à 8 000 hommes, et se dirige vers l'île de Linosa, à l'ouest de Malte, point de rencontre convenu entre les défenseurs et l'armée de secours.
Septembre
07/09
Des renforts siciliens du vice-roi Garcia de Tolède débarquent sur la plage de Mellieħa. Don Garcia repart en Sicile avec les galères et la promesse de revenir sous une semaine avec de nouveaux renforts. Il laisse le commandement de l'armée à Ascanio de la Corna. En quittant l'île, la flotte chrétienne passe devant la baie de Marsa et salue la garnison de Saint-Ange, annonçant l'arrivée de l'armée de secours.
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Surestimant l'importance de l'armée chrétienne, Mustafa Pacha ordonne la levée du siège et le rembarquement des hommes. Néanmoins, après avoir reçu les rapports de ses éclaireurs, il prend conscience de sa précipitation à lever le camp. L'armée de secours ne s'élève qu'à environ 6 000 hommes, principalement des tercios espagnols, loin des 16 000 annoncés initialement. Un conseil de guerre turc décide le débarquement immédiat des troupes pour prendre l'initiative du combat face aux forces chrétiennes récemment débarquées.
08/09
Des messagers de Valette l'informent que l'armée turque, forte de 9 000 hommes a débarqué et se dirige vers lui pour un affrontement. Postés sur les hauteurs, les hommes de La Corna chargent les Ottomans qui arrivent à leur rencontre. Affaiblis par le long mois de siège et démoralisés par leurs échecs, les soldats turcs subissent une déroute et ne parviennent qu'à grand-peine à rejoindre la baie de Saint-Paul où les attendent les galères de l'amiral Piyale Pacha. À la tête de ses hommes, Mustafa manque d'être fait prisonnier.
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Au terme d'un dernier affrontement lors du rembarquement de l'armée turque, l'ensemble de la flotte ottomane se regroupe au large de la baie de Saint-Paul et reprend la direction de Constantinople, abandonnant définitivement le siège de l'île.
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