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Révolte des Canuts (17 événements)
Révolte des Canuts

(17 événements)

Octobre
18/10
Les chefs d'atelier des soieries demandent au préfet du Rhône Bouvier-Dumolart de réinstaurer un tarif minimum pour les travaux à façons des Canuts.
25/10
Alors que 6000 Canuts et chefs d'atelier viennent de manifester, une délégation de patrons et de Canuts, réunie sur la proposition du préfet Bouvier-Dumolart, établit un tarif minimal pour le prix des façons et confie au Conseil des Prud'hommes la charge d'en surveiller l'application.
Novembre
10/11
104 fabricants de soieries tiennent l'intervention du préfet pour démagogique et les concessions de leurs représentants pour des marques de faiblesse: ils refusent d'appliquer le tarif, qu'ils dénoncent comme exorbitant, arguant d'une baisse des ventes et d'une entrave à la liberté des marchés.
21/11
Plusieurs centaines de tisseurs parcourent la Croix-Rousse, qui est alors une commune distincte de Lyon. Ils obligent ceux qui travaillent encore à arrêter leurs métiers à tisser, puis descendent de la Croix-Rousse par la montée de la Grande-Côte jusqu’à la rue Vieille-Monnaie. La 1re légion de la Garde nationale, composée principalement de négociants et qui barre le passage, fait feu. Trois ouvriers sont tués, plusieurs sont blessés. Les canuts remontent à la Croix-Rousse et alertent la population en criant : « Aux armes, on assassine nos frères. » On s’arme de pioches, de pelles, de bâtons, quelques-uns ont des fusils. Des barricades sont dressées et les ouvriers marchent sur Lyon. Bientôt, les tisseurs de la Croix-Rousse sont rejoints par ceux des Brotteaux et de la Guillotière.
22/11
Un combat sanglant a lieu au pont Morand. Les soldats et gardes nationaux, battus, renoncent à contrôler la Grande-Côte et la montée Saint-Sébastien et les ouvriers prennent possession de la caserne du Bon-Pasteur et pillent les armureries. Des ouvriers de tous les quartiers se joignent aux canuts qui sont bientôt maîtres de toute la ville, à l’exception du quartier des Terreaux. Plusieurs corps de garde de l’armée ou de la Garde nationale sont attaqués et incendiés. L’infanterie essaie vainement de les arrêter, puis recule sous les tuiles et les balles, tandis que la Garde nationale, dont nombre de membres se recrutent parmi les canuts, passe du côté des émeutiers. Bataille de la place des Bernardines (aujourd'hui boulevard de la Croix-Rousse). Au terme d’une rude bataille – environ 600 victimes dont quelque 100 morts et 263 blessés côté militaire, et 69 morts et 140 blessés côté civil –, les émeutiers se rendent maîtres de la ville.
23/11
Les autorités lyonnaises quittent la ville alors que les agitateurs républicains tentent de récupérer le mouvement, mais à l'unanimité les Canuts refusent cette intrusion du politique dans le social. Leur bannière est noire et non tricolore.
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Les insurgés sont maîtres de la ville et se gardent de tout pillage. Ils occupent l’hôtel de ville, mais leurs chefs, qui n’étaient « entrés en grève » que pour obtenir la correcte application de l’accord collectif, ne savent plus que faire de leur victoire. Un comité insurrectionnel se forme sous l’impulsion de quelques républicains, mais ne prend pas de mesures concrètes, faute d’un véritable programme et aussi du soutien des canuts, qui refusent de voir leur mouvement récupéré à des fins politiques.
24/11
Les insurgés Canuts forment un gouvernement provisoire à l'Hôtel de ville de Lyon.
25/11
Perier s’exprime devant la Chambre des députés : il annonce que le duc d’Orléans, fils aîné du roi, et le maréchal Soult, ministre de la Guerre, se mettent à la tête d’une armée de 20 000 hommes pour reconquérir Lyon. Louis-Philippe les engage à la fermeté, mais leur interdit de recourir à des exécutions capitales. Il se montre très critique vis-à-vis du préfet mais reste prudent sur le tarif.
28/11
Le duc d’Orléans, fils du roi Louis-Philippe, et le maréchal Soult s’installent à Trévoux où ils attendent que le calme revienne dans Lyon.
Décembre
05/12
Le duc d'Orléans et le Maréchal Soult entrent dans Lyon avec 20000 soldats pour mater la révolte. Le Gouvernement révoque le préfet, licencie la garde nationale, abroge le tarif et décide la construction d'un fort, pour séparer la ville de Lyon au carrefour de la Croix-Rousse. 90 ouvriers sont arrêtés et 11 sont poursuivis.
06/12
Le préfet est révoqué, la Garde nationale dissoute et une importante garnison est placée dans la ville.
07/12
Le tarif est annulé. Fin de la première Révolte des Canuts.
Avril
09/04
Le dumping salarial et les sévères sanctions infligées à plusieurs dirigeants de grève conduisent au deuxième soulèvement des tisserands de soie à Lyon. Les tisserands de soie réclament des conditions républicaines et datent leurs revendications selon le calendrier de la Révolution française. Le soulèvement a été réprimé dans le sang par l’armée en une semaine (→ 15/04).
Février
24/02
Les canuts descendent à Lyon, s'emparent de l'hôtel de ville, proclament la Seconde République depuis son balcon et prennent la préfecture.
25/02
Les canuts se rendent au fort de Saint-Laurent pour y prendre les armes. Les voraces s'emparent du bastion no 4, en face du mont Sauvage, du bastion des Bernardines, du fort de Montessuy, du palais de justice, hissent un peu partout le drapeau rouge et brûlent les métiers à tisser installés dans les communautés religieuses.
28/02
Emmanuel Arago, le délégué du gouvernement provisoire, arrive et réussit à convaincre les Canuts que « la République doit amener tous les progrès et améliorer surtout la classe des travailleurs ».
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